28 septembre 2016
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Mis à jour le 28.05.2015 à 23h29 | Publié par Guillaume Desjardins - Photo AFP /Frederic Seguran
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Fralib : nouveau nom, même enthousiasme

1336Mardi 26 mai 2015. 13h36. La date n'a pas été choisie par hasard, l'heure non plus. Un an jour pour jour après la signature du protocole d'accord qui a mis fin à leur lutte de 1336 jours avec le géant de l'agro alimentaire Unilever, les Fralib ont lancé leurs propres marques de thés et infusions.

Fralib : nouveau nom, même enthousiasme

  Photo AFP /Frederic Seguran

 

 

Le nombre 1336 est devenu pour eux un emblème. Ils se sont battus 1336 jours pour conserver leur activité en France, leur nouvelle marque de thé s'appellera 1336. Ceux que l'on appelait jusqu'à peu les « Fralib » poussent même le détail jusqu'à attendre 13h36 pour dévoiler leur nouvelle gamme.

 

Emancipés depuis le 26 mai 2014 de leur ancien groupe, Unilever, les anciens producteurs de thés Eléphant et Lipton basés à Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône, se sont rassemblés en SCOP pour permettre à leur activité de survivre. Oubliez donc le fameux Fralib, ils travaillent désormais sous le nom de SCOP-TI, pour Société coopérative ouvrière provençale de thés et tisanes.

 

 

Moins de hiérarchie

La nuance a son importance. Fidèles au principe de la coopérative, les coopérateurs ont bien l'intention de relancer leur production au sein d'une organisation « plus humaine, moins hiérarchisée, où chaque voix compte. »

 

Concrètement, cela veut dire que, même si la réglementation française impose la désignation d'un responsable, les décisions sont prises par l'assemblée générale des coopérateurs.

« Les titres nous importent peu », justifie Olivier Leberquier, un des représentants CGT, devenu directeur général adjoint de la coopérative, « nos responsabilités, on les a prises pendant la lutte, on les avait prises avant, dans le cadre de nos responsabilités syndicales, on va continuer à les prendre ici. On n'a pas besoin de titre pour ça. »

 

Se passer de hiérarchie, cela passe aussi par les salaires. Pendant l'ère Unilever, l'écart entre les salaires les plus bas et ceux les plus haut était de 1:210. Une situation à laquelle les coopérateurs ont voulu mettre fin.

 

À l'issue d'une longue discussion entre coopérateurs, décision a été prise de s'orienter vers un salaire unique par catégorie, « en limitant au maximum l'écart entre les catégories, et en faisant en sorte que les plus bas salaires de l'époque Unilever, soit ne perdent pas, voire soient un peu augmentés », explique, avec fierté, Olivier.

 

Deux collèges ont donc été créés, et rémunérés respectivement 1 600 et 1 670 euros net. Le directeur, puisqu'il en faut - légalement- un, est rémunéré au minimum de la convention collective, à savoir 1 850 euros, faisant ainsi passer l'écart de rémunération de 1:210 à 1:1,15.

 

 

La question du financement

Si les anciens employés Unilever ont pu maintenir leur production sur le sol français, c'est en partie grâce à la somme que leur ancien employeur a été contraint de leur verser. En réussissant à faire casser, par la justice, trois plans sociaux, et à tenir une lutte pendant plus de quatre ans, les Scop-ti se sont constitué un trésor de guerre de près de 19,5 millions d'euros.

 

En effet, entre primes de licenciement, arriérés de salaires et cotisations patronales et sociales impayées, le géant de l'agro-alimentaire a dû solder, à l'issue du conflit, 10 millions d'euros. À ce montant viennent s'ajouter 7 millions d'euros de machines-outils cédées à la coopérative pour un euro symbolique. De plus, la SCOP a touché 2,85 millions d'euros d'Unilever pour démarrer son activité.

 

Enfin, les 58 coopérateurs ont également investi une partie de leur prime de licenciement dans l'initiative, à hauteur de 177 000 euros. Un capital non rémunéré, précise Olivier, « on y a tenu », explique-t-il « il n'était pas question, pour nous, de devenir des actionnaires. »

 

 

Deux nouvelles gammes

Si les marques ont été officiellement lancées le 26 mai, la production réelle devra attendre encore quelques mois. En effet, bien que les machines continuent à tourner au ralenti et à être entretenues par les Scop-ti, le temps est encore à la prospection de fournisseurs, d'autant que les deux marques de la coopérative obéissent à des cahiers des charges bien précis pour répondre à une identité qui tient à cœur aux coopérateurs.

 

Ainsi, la marque 1336, prévue comme une marque qui « éveille les consciences. Réveille les papilles » sera constituée de thés et infusions aromatisés et privilégiant les produits made in France et les circuits courts. Les Scop-ti espèrent les voir en rayon partout en France d'ici l'automne pour le début de la saison des boissons chaudes.

 

L'autre marque, nommée tout simplement « Scop-ti, » qui aspire à être un thé « Engagé sur l'humain. Engagé sur le goût » rassemblera des thés issus de théiers centenaires, notamment du Viet-Nam. Vendue dans des magasins spécialisés « plutôt sur la région Sud-Est au départ », en raison des difficultés d'approvisionnement en matières premières de qualité.

 

 

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