Dimanche 26 mars 2017
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Mis à jour le 04.02.2016 à 12h00 | Publié par Ève Scholtès – Photo : DR
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On achève bien les postiers

Service publicLes facteurs des Pyrénées-Orientales tiennent bon depuis le 30 novembre. Tandis que La Poste défend une idée particulière du service public et du dialogue social, les grévistes de la vallée de l’Agly dénoncent le projet et l’attitude de leur direction.

On achève bien les postiers

Des bureaux de proximité, des emplois, un service public de qualité. Oui !… Mais en fait, non ! « Nous sommes conviés à deux réunions de négociation par semaine. Or nous en sommes toujours au même point. » Alexandre Pignon fait un constat, sans surprise : la direction régionale de La Poste, à Montpellier, ne fait aucune proposition, aucune avancée significative en matière d’emploi, de conditions de travail et de service public. Il attend toujours, aussi, que la préfecture nomme un médiateur-conciliateur.

 

« Il faut savoir que les bureaux de poste sont réorganisés tous les deux ans », explique, lucide, le représentant CGT au centre de Rivesaltes, qui fait partie des grévistes chargés de désservir la vallée de l’Agly, située au nord-ouest de Perpignan. La précédente réorganisation a démarré en 2013 sur l’ensemble du département ; il y a six mois, pour le centre de Cabestany. Augmentation de la charge de travail et de la pression, suppression de tournées et de postes de facteurs, arrêt des heures de présence, voire fermeture de guichets, disparition de nombreux bureaux et limitation des horaires d’ouverture ont eu raison de la patience des facteurs dans ce territoire rural à la démographie galopante et au taux de chômage record.

La grève est déclarée dans les centres de Rivesaltes, Claira, Espira-de-l’Agly et Cabestany. Elle dure depuis plus de deux mois.

 

Néfaste aux postiers et aux usagers

Les facteurs, notamment dans les Pyrénées-Orientales, ne supportent plus la dégradation du service public rendu. Ils ne veulent plus travailler sous pression. Les usagers, eux, ne veulent plus attendre lettres et colis ou les récupérer loin de leur adresse de destination.

 

Exemple à Rivesaltes, où Alexandre Pignon travaille au poste de facteur-rouleur : « La journée démarre à 7 h 45 par une opération de tri au centre. Comptez 40 à 45 minutes, tandis que la direction nous explique que la tâche peut être conduite en 20 minutes, ironise le militant. Il faut ensuite préparer la tournée puis la faire, plutôt sans pause si vous voulez distribuer tout le courrier avant la fin de la journée, souvent après 13 h 50… Et ça, c’est le quotidien du facteur-rouleur du lundi au samedi. »

 

Mais alors, à quoi servent les quelque 300 millions d’euros acquis par la société anonyme La Poste au titre du CICE ? Peut-être, qui sait, à financer les restructurations en cours et à venir, justifiées par le plan stratégique du groupe, « La Poste 2020 : conquérir l’avenir » ?
« Nous sommes face à un rouleau compresseur qui ne met sur la table des négociations, entre autres, que précarité avec des CDD et productivité, avec des dispositifs facteur-guichetier, et ce
en faisant fi de tous les accords, conclut Alexandre Pignon. Mais nous maintenons nos revendications. Nous continuons grâce aux convergences qui se construisent depuis novembre. Grâce aussi à la solidarité. »

 

Solidarité avec les grévistes :

chèque à l’ordre de CGT FAPT 66, 2 boulevard Henri-Poincaré, 66100 Perpignan.

 


Le droit à l’encan

Le recours illégal à des intérimaires pour remplacer les grévistes ? Justifiée, selon la direction régionale de La Poste... jusqu’à l’intervention de l’inspection du travail, qui met le holà.

La mise à pied conservatoire d’un militant menacé de licenciement pour faute lourde ? Justifiée, selon son employeur Start People, pour soi-disant avoir empêché des salariés intérimaires de pénétrer sur le site de La Poste à Rivesaltes et agressé le directeur de cet établissement. Mais rien ne justifie ces décisions, sauf à vouloir briser les solidarités et réprimer le syndicalisme.

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