Lundi 27 février 2017
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Mis à jour le 07.09.2016 à 16h00 | Publié par Laurent Milet – Dessin : Babouse
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"Virer Martinez"

LicenciementLe licenciement de tout salarié représentant du personnel ne peut s'effectuer sans l'autorisation préalable de l'inspection du travail. Ensuite, la décision de l’inspecteur peut faire l’objet d’un recours gracieux devant le ministre du Travail, puis d’un recours contentieux devant le tribunal administratif. 

Comme vous le savez, suite à « l’affaire de la chemise », la direction d’Air France a demandé l’autorisation de licencier Vincent Martinez, délégué syndical CGT.

 

Mais l’inspecteur du travail, estimant qu’il n’y avait aucune preuve matérielle de l’implication directe de l’intéressé, a refusé l’autorisation de licenciement. La direction a alors saisi la ministre du Travail, Mme El Khomri, afin qu’elle annule cette décision et autorise le licenciement. Ce qu’elle fit en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, au motif qu’il s’agissait de la part de Vincent Martinez d’un « agissement conscient et non provoqué » ! Ce qui revient à affirmer une chose et son contraire.

 

Plutôt que de rendre une décision motivée, circonstanciée et précise, comme l’exige toute demande d’autorisation de licenciement d’un représentant du personnel, madame la ministre s’est donc révélée davantage préoccupée par un règlement de comptes avec la CGT que par l’examen sérieux des faits du dossier intervenus dans le cadre particulier d’un conflit collectif.

 

Se sentant piquée au vif, la ministre a cité des statistiques assurant que le ministère annulerait environ un tiers des décisions contestées dont il est saisi chaque année, et que la décision visant Vincent Martinez n’aurait rien d’exceptionnel. Sauf que non, car les statistiques de licenciement des représentants du personnel n’ont pas été publiées officiellement depuis… 2004 !

 

Et celles-ci révélaient déjà que l’administration accorde l’autorisation de licencier 85 fois sur 100 et que les élus et mandatés CGT sont les plus licenciés parce que les plus demandés. Qu’attendent les services du ministre pour en publier de plus récentes ? On pourrait enfin vérifier la véracité des déclarations de la ministre qui, je vous en fiche mon billet, seront à l’image de la motivation de la décision concernant Vincent Martinez.

 

À moins que la ministre n’ait voulu assouvir un fantasme : virer l’autre Martinez, celui qui l’embête (avec d’autres, toujours plus nombreux) depuis six mois sur sa loi « travail »… et qui va continuer. En psychologie à deux balles, ça s’appelle un transfert. Je l’entends d’ici crier dans ses pires cauchemars, brandissant son bâton de berger : « Virer Martinez… virer Martinez » !

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