Lundi 24 avril 2017
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Mis à jour le 15.03.2017 à 16h00 | Publié par Isabelle Avran – Photo : Kamel Brami
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Solidarités syndicales

PalestineLe 1er février, trois organisations syndicales de Seine- Saint-Denis (CGT, FSU et FO) organisaient, à Bobigny (93), une soirée de solidarité avec la Palestine. Temps fort : l’intervention, par Skype, de syndicalistes palestiniens. Les initiatives solidaires sont appelées à se poursuivre.

Solidarités syndicales

Témoigner, débattre, et donner la parole aux premiers intéressés : ce 1er février, les unions départementales de la CGT, de la FSU et de FO de Seine-Saint-Denis organisaient ensemble, à Bobigny, une soirée de solidarité avec le peuple palestinien. Elles y avaient convié des représentants de l’Association France-Palestine-Solidarité (AFPS), de l’Union juive française pour la paix (UJFP), de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), ainsi que plusieurs militantes et militants syndicaux de retour de Palestine occupée. Moment fort de cette rencontre : le témoignage, via Skype, de responsables syndicaux de la fédération générale des syndicats indépendants de Palestine Cisjordanie (GFIU), en direct depuis Ramallah. « Il ne s’agit pas de nous substituer à nos confédérations ni au travail de leurs secteurs internationaux, mais de créer des liens pour rendre la solidarité concrète », explique Guy Trésallet (FSU). De fait, l’échange avec les syndicalistes palestiniens a permis à beaucoup de cerner des réalités du monde du travail en Palestine ; quoiqu’évoquer le monde du travail, c’est beaucoup dire, tant l’activité économique est pénalisée par la violente occupation militaire et coloniale israélienne, qui surdétermine les réalités quotidiennes de la société palestinienne, entrave toute perspective de développement, et cristallise les luttes et la résistance, pour l’indépendance.

 

L’occupation empêche tout développement

En Cisjordanie occupée, le gouvernement israélien, dopé par l’impunité internationale dont il bénéficie, a mis en chantier la construction de plusieurs milliers de nouveaux logements au bénéfice des colons, et envisage explicitement l’annexion de plusieurs « blocs de colonies ». Jérusalem-Est, pourtant appelée à devenir capitale d’un « futur » État palestinien, est particulièrement ciblée. Partout, bulldozers, armée et colons détruisent des maisons palestiniennes. Les « routes de contournement », ou routes de l’Apartheid, réservées aux seuls colons, relient les colonies au territoire israélien en morcelant la Cisjordanie où s’enfoncent profondément des centaines de kilomètres de murs. En fait, ceux-ci annexent, de facto à Israël, les zones les plus riches et les ressources d’eau, et contribuent, avec les dizaines de checkpoints militaires, au contrôle de tout mouvement des Palestiniens. Quant au minuscule territoire de Gaza, dont les deux tiers de la population se composent de réfugiés, il survit et résiste en dépit de plusieurs guerres dévastatrices en quelques années (en particulier depuis 2008) et d’un siège terrestre, maritime et aérien.

Impossible d’échanger avec la Cisjordanie, avec l’extérieur, d’importer l’essentiel (ciment pour reconstruire les milliers de maisons, écoles, hôpitaux, TPE… détruits ; médicaments ; matériel scolaire…) ou d’exporter. Les pêcheurs sont les cibles des forces militaires israéliennes. Et les raids aériens transforment les nuits en cauchemars. Difficile, dans ces conditions, d’envisager quelque développement que ce soit, même si les Palestiniens résistent aussi par l’éducation, des filles et des garçons, souvent jusqu’à l’université. Le taux de chômage atteint jusqu’à 40 ou 45 % selon les zones. À Gaza, selon les périodes, deux tiers de la population dépendent de l’aide internationale.

 

Sortir de l’impunité

Comme le demandent les organisations palestiniennes, mais aussi les organisations israéliennes de défense des droits humains ou anticoloniales (aujourd’hui réprimées dans leur pays), il s’avère urgent de mettre un terme à l’impunité israélienne. À l’inverse des échanges que multiplient l’Union européenne (UE) et la France avec Tel-Aviv, dans tous les domaines (commerciaux, technologiques, stratégiques…).

La France a officiellement cherché à relancer un processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Cependant,  elle a de nouveau prétendu le fonder sur la méthode qui a échoué durant les vingt-cinq dernières années : négociations directes, sans calendrier, sans fondement contraignant sur le droit international, et sans tiers. Un « dialogue » qui soumet les droits du peuple palestinien à la reconnaissance préalable d’Israël qui, lui, les refuse explicitement. Dans un tel contexte, la solidarité internationale entre citoyens est d’autant plus nécessaire.

 

Solidarité syndicale

Une solidarité qui, pour les syndicats, se veut aussi concrète. Il s’agit de défendre les droits d’un peuple, et d’être également solidaires de ses travailleurs et privés d’emploi… Ainsi, la GFIU, qui revendique les droits nationaux du peuple palestinien, se bat aussi, face à l’Autorité nationale palestinienne (mais en l’absence d’État indépendant), pour la mise en place d’un droit du travail de qualité. Et sur ces questions apparaissent clairement des divergences de classes… Dans ce contexte, la FSU d’Île-de-France s’est jumelée avec la GFIU. L’UD CGT, elle, organise dans la même veine des missions en Palestine. Pour comprendre. Et pour agir.

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