Lundi 24 avril 2017
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Mis à jour le 16.03.2017 à 09h30 | Publié par Nathalie Carmeni – Photo : Florian Garcia / Maxppp
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Les sept syndicats de l’Essonne refusent leur délocalisation

Bourse du travailMenacés d’expulsion, le 30 juin prochain, de la bourse du travail d’Évry, les syndicats de l’Essonne restent vent debout contre la décision arbitraire du conseil départemental. Lors de la conférence de presse du 23 février, ils présentaient leur plan de bataille pour sauver la demeure en péril.

Les sept syndicats de l’Essonne refusent leur délocalisation

À quel jeu joue donc le conseil départemental de l’Essonne, qui veut subitement expulser de leurs locaux historiques les sept organisations syndicales (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, FSU, CFTC-Unsa), locataires de cette bourse du travail depuis plus de trente ans ? Opération immobilière, ainsi que l’a annoncé par voie de presse monsieur Durovray, le président du conseil départemental, ou bien opération politique de répression syndicale qui ne dit pas son nom ? La question reste posée. Elle reste aussi sans réponse de la part de l’édile qui, à ce jour, n’a pas encore daigné donner suite aux diverses demandes de rencontres de travail présentées par l’intersyndicale d’Évry depuis le mois de janvier. Pas plus qu’il n’a daigné répondre aux questions de chiffrage des six millions d’euros de travaux de mise aux normes (voir notre article « Bataille pour sauver la maison des syndicats de l’Essonne »), argument avancé pour justifier l’expulsion des occupants de la bourse du travail, mais qui reste, encore, à clarifier.

« Nous sommes toujours sans réponse à notre dernière demande de rencontre du 10 février et l’on sent bien que l’intention de nous expulser est plus politique que pratique, car il n’y a toujours aucun projet de mise en vente officielle des locaux, d’une part, et d’autre part, les nouveaux locaux proposés ne répondent aucunement à nos impératifs d’accueil et de formation du public », fait valoir Ollivier Champetier (CGT).

 

Délocalisation de la maison

Pour rappel, le président du conseil départemental a bien assorti sa notification d’expulsion d’une proposition de relogement, au sein des anciens locaux du SDIS (pompiers de l’Essonne). Seulement voilà, cette offre est très loin de faire consensus au sein de l’intersyndicale, et pour cause : éloignés des principaux bassins d’emploi et des grands axes de transports, ces locaux ne répondent même pas aux normes de sécurité, n’offrent pas d’accès aux handicapés et sont inadaptés aux besoins comme aux obligations légales et aux missions dévolues aux syndicats : « Les lois Rebsamen, Macron et El Khomri imposent aux syndicats la charge de dispenser des formations économiques et sociales, de défenseur syndical, de conseiller du salarié, etc. Pour les assumer, nous avons plus que jamais besoin des moyens dont le conseil départemental veut nous priver », argumente Christophe Le Comte (FO). Sans compter le coût de l’opération de transfert dans les locaux de la SDIS qui se chiffre à plus de 2 millions d’euros. « Faire assumer à la collectivité de telles dépenses, simplement pour nous déménager dans des locaux inadaptés, de surcroît, moi, cela me choque, en tant que citoyenne », s’indigne ainsi Laurence Baudhoin (CFDT). Et l’Unsa d’abonder dans ce sens : « Il est honteux de la part de monsieur Durovray de sacrifier cette maison des syndicats, reconnue d’utilité publique, sur l’autel d’hypothétiques économies des deniers publics et de balayer d’un revers de main trente années de combats pour l’émancipation sociale des salariés de l’Essonne au prétexte d’une supposée “opération immobilière optimisée”, qui n’est même pas définie. », ajoute Pierre-Louis Martin de l’Unsa.

 

Portes ouvertes le 18 mars

Trente années de combat social en Essonne, c’est ce que l’intersyndicale va célébrer, ce 18 mars, dans la bourse du travail qui fut construite par et pour les trois organisations syndicales pionnières, FO, CGT et CFDT. L’occasion, pour les menacés d’expulsion, de convier l’édile Durovray à cette initiative publique qui sera marquée par la présence de Philippe Martinez (CGT), Bernadette Groison (FSU), Luc Bérille (Unsa), Philippe Lengrand (CFDT) et le secrétaire général de FO. L’occasion, aussi, de parcourir trente ans d’histoire de luttes sociales menées par les Essonniens avec leur maison des syndicats.

Déterminée à préserver ces locaux historiques, situés à proximité du centre commercial de l’Agora, l’intersyndicale poursuit son plan de mobilisation des salariés, citoyens et élus du département. Forte des nombreux soutiens de divers maires, personnalités publiques et citoyens de l’Essonne, elle compte bien gagner le bras de fer engagé avec le conseil départemental. Et prévient : « Nous, syndicats, sommes les garants des valeurs et des règles républicaines; nous sommes un facteur important de stabilité et de justice sociale, nous ne partirons pas ! »

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