Lundi 24 avril 2017
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Mis à jour le 20.03.2017 à 16h00 | Publié par Nathalie Carmeni – Photo : Fotolia / WavebreakMediaMicro
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Un accord de portée mondiale

Droits de l'hommeAvec l'UNI Global Union, la CGT a signé un accord à portée mondiale sur les droits humains fondamentaux et la liberté d’association avec GeoPost, filiale du groupe La Poste pour les activités colis dans le monde. Entretien avec Hervé Tellier, de la FAPT-CGT.

Un accord de portée mondiale

NVO. En quoi consiste cet accord ?

Hervé Tellier. Il porte sur les droits fondamentaux des travailleurs que GeoPost prend l’engagement de respecter dans les 40 pays où l’entreprise assure une présence. Il reprend les grands principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies, des conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du travail et des principes de l’OCDE, à savoir: libertés syndicales, lutte contre le harcèlement et contre les discriminations, engagement au dialogue social pour les négociations collectives; égalité femmes/hommes, droit à la différence et à la dignité, équité des salaires dans l’ensemble des entreprises du groupe GeoPost, etc.

 

Quelle a été la genèse de cet accord ?

L’idée a germé en 2012, avec l’UNI et les divers syndicats français (CGT, CFDT, FO) qui lui sont affiliés, dans le cadre d’une réflexion globale sur le dumping social et sur la responsabilité sociale des entreprises.

Nous avions fait le constat de pratiques patronales de mise en concurrence des salariés de la branche « colis » (de Fedex, de DHL et de GeoPost), au niveau mondial, de non-respect des libertés syndicales et des droits humains fondamentaux qui sont même totalement bafoués dans certains pays. L’idée a donc été d’obtenir un accord qui permette de réaffirmer des principes fondamentaux en matière de droits humains, et de lutter contre le dumping social et les pratiques antisyndicales. En 2013, cette réflexion a abouti à une demande commune d’ouverture de négociation, que nous avons présentée au PDG de GeoPost, lequel a fini par donner son accord, et les discussions se sont alors engagées.

 

Quels ont été les principaux arguments des syndicats pour emporter la signature de GeoPost ?

Au regard de la situation inacceptable faite aux salariés du secteur du colis dans nombre de pays, y compris la France, nous avons fait valoir l’intérêt, pour GeoPost, de se doter d’une politique sociale dans l’ensemble des pays où elle exerce ses activités. En effet, dans les 40 pays où elle est présente, GeoPost est un acteur majeur, leader ou bien n°2; mais ses activités concernent près de 230 pays où la marque GeoPost est présente directement ou à travers des partenaires pour distribuer ou faire distribuer des colis.

 

Geopost ayant tout intérêt à bénéficier d’une image de marque positive, respectable, qui engage la confiance de ses nombreux clients en Europe et dans le monde, nous avons voulu et obtenu un accord qui engage et contraint l’entreprise à respecter des droits fondamentaux. Un accord qui permette aux salariés de disposer d’un outil pour faire respecter leurs droits. Cet accord, qui reprend les principales conventions de l’OIT et des Nations unies, va certes permettre à GeoPost d’afficher une image d’entreprise socialement responsable qui, en France comme à l’étranger, respecte les droits humains, les pratiques et la liberté syndicales, la réglementation du travail, notamment en matière de santé et de sécurité des travailleurs, les conventions collectives et les normes de chaque pays, etc.

Mais son utilité est avant tout dévolue aux travailleurs. À condition qu’ils s’en emparent, qu’ils se l’approprient. Ce pourrait être le cas en Angleterre, par exemple, où GeoPost s’appuie sur des auto-entrepreneurs sans droits pour s’éviter des recrutements de salariés de plein droit. Et d’ailleurs, ces auto-entrepreneurs sont récemment entrés en lutte pour faire respecter leurs droits et obtenir les garanties sociales dont ils étaient privés.

 

Comment faire vivre cet accord, s’assurer que ses principes soient appliqués et respectés dans chaque pays ?

La CGT et les organisations syndicales signataires seront extrêmement vigilantes et veilleront à ce que la direction de GeoPost applique toutes les conditions de cet accord, comme elle s’y est engagée. Au niveau mondial, cela concerne pas moins de 60 000 salariés pour les seules entités de GeoPost. Mais au-delà, l’UNI et les syndicats signataires considèrent cet accord comme un socle de référence pour engager des négociations dans toute la branche colis dans tous les pays du monde.

Cela va nous conduire, nous les syndicats, à travailler à des coopérations avec les autres syndicats de chaque pays pour contraindre GeoPost à respecter les principes de cet accord. Car nous savons bien qu’une simple signature de la direction du groupe ne suffit pas. Qu’il faudra, dès à présent, créer partout les conditions du rapport de force pour le faire appliquer. et que cela relève de notre responsabilité syndicale. Cet accord, en soi, ne règle pas tous les problèmes, mais il offre un premier point d’appui pour toutes les négociations futures en matière de droits sociaux et humains, de responsabilité sociale des entreprises, de syndicalisme international conformément à ce que préconisent les conventions de l’OIT dont il s’inspire.

 

Le communiqué de la CGT FAPT sur l’accord signé avec Geopost

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