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JUSTICE

Info’Com CGT convoqué au tribunal suite à la plainte du ministre de l’Intérieur

18 mars 2019 | Mise à jour le 18 mars 2019
Par et | Photo(s) : DR
Info’Com CGT convoqué au tribunal suite à la plainte du ministre de l’Intérieur

Le syndicat Info'Com-CGT, poursuivi par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner pour avoir diffusé une affiche après l'interpellation en décembre de lycéens à Mantes-la-Jolie (Yvelines), a déclaré lundi « l'assumer pleinement ».

Des dizaines de militants rassemblés devant le tribunal de Paris ont assuré de leur soutien, Romain Altman, secrétaire général d'Info'Com CGT qui était convoqué « pour des faits de diffamation publique envers (des) fonctionnaires de police » cet après-midi à la suite de la plainte du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner après la diffusion de leur affiche. Affiche qui a été « mise à jour » après la démarche du ministre.

L'affiche avait été publiée suite à la diffusion des images de l’interpellation de lycéens de Mantes-la-Jolie. La vidéo qui montrait des rangées de dizaines d'élèves à genoux, les mains sur la tête, placés sous la surveillance de policiers casqués, armés de matraques et de boucliers, et les commentaires sur la « classe qui se tient sage » avaient suscité de vives réactions.

Un acte militant assumé

« On assume pleinement cette affiche car elle n'est que le juste reflet de la réalité » et qu'« elle rejoint de nombreux combats ». Malgré le coup de pression judiciaire tenté par l’exécutif, rien ne fera plier les militants. Et les nombreux soutiens a avoir pris la parole au rassemblement, juste avant la convocation ont tous fait part, de leur solidarité et de leur volonté de ne pas se laisser intimider. Des Geodis Calberson à l’UD CGT de Paris en passant par le collectif de défense des jeunes du Mantois, Sud, des représentants du PCF ou de la FI, les prises de parole ont été unanimes sur un point : la liberté d'expression et de manifester ne sont pas négociables.

Cette procédure « n'est ouverte qu'à l'initiative du ministre de l'Intérieur », a souligné Romain Altmann. « Il s'agit là d'une nouvelle phase de la répression gouvernementale », a-t-il estimé.

Un procès à prévoir

Au cours de cette audition, il lui a été dit que cette procédure sera transmise au procureur de la République à qui il revient de donner suite ou non à la plainte. « Il y a de fortes chances que cela se termine par un procès », a-t-il dit. Dans un courrier, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a demandé à Christophe Castaner de retirer sa plainte et a rappelé les violences qui émaillent les cortèges des manifestations depuis plusieurs années.

« À l'heure où la France est condamnée de toutes parts, y compris par l'ONU et tout récemment dans notre pays par le défenseur des droits, pour ses atteintes aux libertés fondamentales, il serait grave de rajouter l'atteinte supplémentaire de la liberté d'expression ». Le syndicat a aussi lancé une pétition « Touchez pas à liberté d'expression ».