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Macron : en même temps à la manœuvre et à la peine

Frédéric Dayan
16 avril 2018 | Mise à jour le 16 avril 2018
Par | Journaliste
Les deux interviews présidentielles de jeudi midi et dimanche en disent long sur la séquence politique et sociale de cette première année en Macronie. C'est l'absence d'annonces répondant aux préoccupations majeures des Français ou d'inflexions de sa politique qui sont intéressantes.

Après avoir sursaturé les médias depuis son élection avec une stratégie de communication qui ne laisse aucune place aux questions gênantes, Emmanuel Macron nous a donc offert « en même temps » une séquence de cirage de pompes jeudi dans une école d'un petit village de l'Orne avec Jean-Pierre Pernaut puis un vrai match avec deux intervieweurs pugnaces… pour ne rien dire de nouveau. D'emblée dimanche soir, Macron prévient ses deux intervieweurs qu'il est là pour assumer et lorsqu'en préambule Jean-Jacques Bourdin lui lance : « de nombreux Français doutent de vous, perdent patience », Macron botte en touche avec un « l'Histoire jugera »… Mais sans attendre l'Histoire, l'action de Macron est déjà jugée et cette séquence médiatique avec ces deux interviews montre un président « à la peine » et « à la manœuvre ». À la peine pour convaincre du fond comme de la forme de ses réformes. Son image de « Président des riches » lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock. Quand Jean-Jacques Bourdin évoque « l'évasion fiscale » et mentionne « votre ami Bernard Arnault », Macron, en colère, dénonce une « insinuation ». Pourtant le jugement des Français sur son action n'a rien d'une insinuation : deux sondés sur trois (67 %) jugent que sa politique menée depuis un an est « favorable aux plus aisés », selon un sondage Elabe diffusé samedi. Son action est jugée « décevante » pour 44 % des personnes interrogées et 36 % ne « trouvent rien de positif concernant Emmanuel Macron ».

Ces chiffres ne traduisent pas un désenchantement, mais bien la persistance d'une très faible adhésion des Français au logiciel politique d'Emmanuel Macron. D'ailleurs Emmanuel Macron n'a pas vraiment apprécié qu'Edwy Plenel lui rappelle cette vérité historique en des termes sans concession : « N'est-on pas au cœur d'un malentendu ? Vous n'avez pas été élu par une adhésion majoritaire à votre programme. Vous avez eu au premier tour 18 % des inscrits. Vous êtes le produit d'une circonstance accidentelle (…) Est-ce que ce n'est pas ça le cœur du malentendu, et des mécontentements divers dans le pays ? »

Sans attendre que l'Histoire juge, inventorie et qualifie cette période de déconstruction sociale conduite par un habile stratège opportuniste, c'est un mouvement social profond et évidemment pas encore assez puissant qui est en train d'opposer résistance et propositions et n'a pas dit son dernier mot.