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VIOLENCES SEXISTES

Entretien avec Raphaëlle Manière, pilote de la cellule contre la violence sexiste et sexuelle dans la CGT

5 mars 2019 | Mise à jour le 8 mars 2019
Par | Photo(s) : TM – Clément Martin
Entretien avec Raphaëlle Manière, pilote de la cellule contre la violence sexiste et sexuelle dans la CGT

Raphaëlle Manière, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité

Qu’est-ce que cette cellule ?

La résolution des situations de violences sexistes et sexuelles est un prérequis à l’égalité entre les femmes et les hommes. Or, on sait que c’est un phénomène massif et grave et la CGT n’est pas en dehors de la société. La direction confédérale de la CGT a décidé, en novembre 2016, de créer une cellule interne qui permette de ne laisser sur le carreau aucune militante ou syndiquée qui aurait subi des violences. Nous pouvons être contactés par mail (celluleviolences@cgt.fr). Écouter est notre premier objectif. Ensuite, on rassemble un faisceau d’éléments afin de constituer un dossier.

Combien de dossiers avez-vous traités ?

Depuis deux ans, nous avons traité une dizaine de dossiers. Est-ce parce que la cellule n’est pas assez connue ? Est-ce parce que les femmes n’osent pas encore sauter le pas ? Est-ce parce que certaines organisations préfèrent régler cela elles-mêmes ? Enfin, on sait aussi que nombre de militantes vont – en tout cas dans un premier temps – avoir le réflexe de protéger l’organisation contre elles-mêmes et se taire… Nous nous assurons donc que les femmes sont écoutées, entendues et soutenues afin qu’elles restent dans la CGT puisqu’elles y ont toute leur place.

« Écouter est notre premier objectif »
Quel est le cadre de votre action ?

Nous alertons et aidons la fédération, l'union départementale ou le syndicat concernés ainsi que les référents confédéraux. Nous sommes une force de proposition. Depuis deux ans, nous avons étoffé nos protocoles d’intervention en préférant, par exemple, nous adresser d’abord aux référents confédéraux pour travailler ensemble dès l’ouverture d’un dossier. Ce qui met chacun devant ses responsabilités.

Quels sont vos moyens ?

Avec l’AVFT (Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail), nous avons formé la dizaine de membres de la cellule et faisons former des dirigeants sur le plan juridique pour qu’ils sachent caractériser le sexisme ou des discriminations liées au sexe. Nous mettons également à disposition un questionnaire pour dépister des situations de violence sexiste et sexuelle. Enfin, nous nous apprêtons à mettre en circulation des affiches et un fascicule pour faire bouger les mentalités de tous les militants.

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