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AGROALIMENTAIRE

La sucrerie Saint-Louis d'Eppeville paralysée par la grève

16 mai 2019 | Mise à jour le 16 mai 2019
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La sucrerie Saint-Louis d'Eppeville, promise à la fermeture, était paralysée jeudi par la grève d'une partie des salariés, qui entendent « faire pression » sur la direction dans le cadre de négociations sur le futur PSE, a-t-on appris auprès des syndicats.

« Nous faisons grève de 9 heures à 17 heures, et nous nous rassemblons devant l'usine », à l'appel d'une intersyndicale CGT-FO-CFE CGC, « pour montrer notre mobilisation dans le cadre des négociations en cours sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) » prévu par Saint-Louis Sucre, et « réclamer de meilleures garanties pour le personnel d'Eppeville », a déclaré Régis Grost, délégué CGT du site.

En fin de matinée, les grévistes n'étaient « pas très nombreux » sur le site, mais l'usine était « totalement à l'arrêt », a indiqué Thierry Bourgeois, délégué FO, disant attendre l'arrivée de l'équipe de jour, qui commence habituellement son service à 13H00.

Touchée par une déprime persistante des cours du sucre, la filière française du groupe allemand Südzucker, Saint-Louis Sucre, avait annoncé en février un important plan de restructuration, prévoyant la suppression de 130 postes sur 723 et la fermeture de deux de ses quatre sucreries, à Cagny (Calvados) et Eppeville.

À Eppeville (Somme), 76 des 126 salariés, dédiés à la production, seraient reclassés à « poste équivalent » dans le site voisin de Roye, les autres étant maintenus sur place, notamment pour assurer des activités de déshydratation et de stockage.

Mercredi soir, Südzucker a par ailleurs rejeté la possibilité d'une cession aux betteraviers français, qui souhaitaient reprendre les deux sucreries.

« On s'y attendait, même si une partie du personnel avait encore un peu d'espoir », a commenté Régis Grost. Mais « le marché du sucre a toujours été cyclique, Südzucker a les reins solides et aurait largement pu attendre la remontée des prix et garder les sites », a-t-il critiqué.

« Ce qu'on veut maintenant, c'est que ceux qui refuseront d'être transférés sur le site de Roye puissent rejoindre le PSE, avec les mêmes conditions que les salariés de Cagny (…) que ceux qui partent à Roye bénéficient de meilleures mesures d'accompagnement (indemnités kilométriques, aide au déménagement…), et que des mesures soient prévues pour ceux qui restent », a plaidé le syndicaliste.

Alors que le groupe « ne prévoit pas d'augmenter la production à Roye, les salariés sont inquiets, se demandent ce qu'ils vont faire là-bas, s'ils vont garder le même métier, et veulent des réponses », a-t-il ajouté.