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Automobile

Ford Blanquefort : la CGT demande une loi anti-casseurs d’emploi pour sauver le site industriel

27 février 2019 | Mise à jour le 27 février 2019
Par | Photo(s) : Éric Piermont/AFP
Ford Blanquefort : la CGT demande une loi anti-casseurs d’emploi pour sauver le site industriel

Les délégués CGT de l’usine de Blanquefort, lors du point presse après la rencontre avec le ministre Le Maire.

Le constructeur américain Ford va fermer l'usine de Blanquefort (Gironde) d'ici la fin août. Le ministre de l'Économie et des Finances a exigé que Ford assume toutes ses responsabilités sociales et territoriales. Les syndicats, eux, réclament l'engagement de l'État dans l'élaboration d'un projet industriel d'avenir qu'ils sont en train de finaliser.

Il n'y aura pas de rachat de l'usine de Blanquefort par le groupe belge Punch Powerglade. Jugée insuffisante, l'offre de reprise de Punch a été refusée par le constructeur américain qui préfère à présent « Se concentrer sur l'homologation de son plan social qui permettra aux salariés d'avoir plus de visibilité sur leurs options futures », indiquait le communiqué de Ford du 26 février. Rejeté une première fois par la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi), ce même plan de sauvegarde de l'emploi devrait être validé au plus tard le 4 mars et entraîner dans la foulée les premières vagues de départs et de licenciements de 800 salariés de Ford, jusqu'à la fermeture définitive de l'usine prévue pour la fin de l'été.

Bruno Le Maire veut un plan social le plus solide possible

Qualifiant la décision de Ford « indigne d'un grand groupe industriel », le ministre de l'Économie et des Finances a pourtant à son tour entériné la fermeture définitive du site girondin où Ford a fait prospérer ses activités depuis 1972. « Ford doit payer », a martelé Bruno Le Maire qui s'est engagé à faire en sorte que le constructeur assume toutes ses obligations légales : vis-à-vis des salariés par un plan social « Le plus solide possible » et vis-à-vis de la collectivité et du territoire girondin par le financement de la dépollution du site et par l'apport « des fonds nécessaires à la réindustrialisation du site de Blanquefort ».

Autant de promesses jugées largement insuffisantes par les syndicats de Blanquefort, CGT et FO. Très remontée contre « l'impuissance politique » du ministre, qui a rejeté sa proposition de réquisition de l'usine et de ses machines afin de maintenir la production, la CGT, syndicat majoritaire (61 % des voix au dernières élections professionnelles) n'entend pas s'y résigner.

La CGT exige une loi anticasseurs d'emplois

« Quand il s'agit de lutter contre les casseurs de rue, le gouvernement s'empresse de légiférer. Nous lui demandons donc une loi d'urgence sociale contre les casseurs d'emplois et d'activités économiques et industrielles afin de préserver l'intérêt général », avance Gilles Lambersend, secrétaire du comité d'entreprise de Ford.

Il rappelle à ce titre que le PSE présenté par Ford à la Direccte a été rejeté une première fois, car dépourvu de tout fondement économique, « mais c'est ce même PSE qui va être homologué par les mêmes services de l'État d'ici le 4 mars, cherchez l'erreur », interroge-t-il. Il rappelle aussi que Ford a bénéficié de 50 millions d'euros d'aides publiques au cours des cinq dernières années, sans aucune contrepartie formelle à cet effort consenti par l'État et la collectivité.

Il rappelle enfin que la boîte de vitesse (fabriquée à Blanquefort) est un produit d'avenir, que sa production industrielle est très rentable et que le départ de Ford n'a d'autre objectif que de satisfaire les exigences de ses actionnaires à dividendes exponentiels.

Le politique, appelé à agir

Face à ce nouveau scandale économico-financier rendu possible par la passivité de l'Etat (pour justifier son refus de réquisitionner l'usine, Bruno Le Maire a affirmé que « la vocation de l'État n'est pas de produire des boitiers de vitesse »), la CGT maintient son cap revendicatif initial : continuer d'exiger de parler de l'avenir. Celui de l'usine et de ses machines, celui des 800 emplois directs et des 2000 emplois induits, eux aussi menacés de destruction.

« Nous restons mobilisés pour faire en sorte que l'État s'engage dans un projet industriel et pas dans une hypothétique revitalisation ou conversion du site, car nous pouvons continuer de produire des boîtes de vitesse sans Ford et pourquoi pas, demain, avec Punch, mais à condition de nous réapproprier l'usine et les machines et ça, seul le politique a le pouvoir de le décider », affirme Gilles Lambersend.

Préserver la vocation industrielle du site de Blanquefort

En cours de finalisation avec le cabinet d'expertise Secafi, un plan de poursuite de l'activité industrielle est actuellement à l'étude au sein du comité d'entreprise de Ford. Il sera versé aux débats qui vont s'engager prochainement au sein du groupe de travail que Bruno Le Maire a promis de mettre en place en réponse aux revendications des syndicats et de la maire de Blanquefort, Véronique Ferreira. Très en colère contre Ford qui, « Dans ce dossier, nous a toujours menti », a-t-elle déclaré au Parisien, l'édile bataille, elle aussi pour préserver l'usine girondine, les compétences de très haut niveau et les emplois directs et indirects.

Avec des représentants de l'État, les syndicats et divers experts, la maire va plancher sur l'élaboration d'un plan de réindustrialisation du site. Afin de minimiser l'impact de son départ sur la collectivité territoriale, Ford a proposé d'y être associé pour apporter sa pierre à ce nouvel édifice censé s'ériger sur sa propre friche industrielle. La théorie Schumpeterrienne de la destruction créatrice n'a décidément pas dit son dernier mot.

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