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Laisse béton !

3 décembre 2017 | Mise à jour le 2 décembre 2017
Par | Photo(s) : Robert Doisneau / Carré éditions-La Découverte
Laisse béton !

La banlieue en noir et blanc des années 1940 photographiée par Robert Doisneau éveillait la sympathie, malgré sa pauvreté. En 1984-1985, lorsqu'il recueille, pour la Datar, une vision en couleur d'une banlieue vide et bétonnée, l'empathie a fait place à l'esthétique.

Répondant, en 1985, à une commande de la Datar, Robert Doisneau remet ses pas dans les traces laissées quelques décennies auparavant, dans son territoire : la banlieue. Mais il le fait en couleurs et en grand format, pour dresser le constat – assez terrible et prémonitoire – de l'urbanisation galopante.
Partout, ce qu'on appelle alors « les grands ensembles » chassent les habitations à taille plus humaine, les jardinets, les friches où s'ébattent les gamins. Brossant le « portrait de paysages » en mutation, le photographe documente dans La banlieue en couleurs un monde qui s'efface et un autre qui pousse comme un champignon.

Mais contrairement à l'ancien, ce nouveau monde est le plus souvent vide, comme si le béton avait avalé les habitants… Le regard de Robert Doisneau toujours affûté, se pose alors sur le contraste entre les interstices où subsiste un peu de vie, de nature et de poésie et le béton froid et laid de ce qu'on n'appelle pas encore les cités.

Le beau texte de Claude Eveno qui accompagne ces images souligne avec justesse ce rapport entre le vivant et le mortifère que Robert Doisneau avait si parfaitement su saisir.

La banlieue en couleursde Robert Doisneau et Claude Eveno.
Éditions La Découverte. 120 pages, 21 €