Se connecter à son compte :
?
Où trouver mes identifiants ? J'ai oublié mon mot de passe
Récupérer son mot de passe :
Je me connecte
cgt.fr
À venir
L’accès aux articles est réservé aux abonnés. Merci d’indiquer votre adresse mail et votre mot de passe pour vous connecter. Vous pouvez obtenir votre mot de passe en cliquant ici.
HAUT
LIVRE

Le fond de l'air est jaune : réflexions sur les Gilets jaunes

8 février 2019 | Mise à jour le 13 février 2019
Par
Le fond de l'air est jaune : réflexions sur les Gilets jaunes

Quelques semaines seulement après le début des mobilisations des « Gilets jaunes », les éditions du Seuil ont rassemblé les réflexions de plusieurs chercheurs, historiens, sociologues, philosophes, économistes, dans un petit recueil invitant à penser cette séquence nouvelle.

Comment tenter de caractériser un le mouvement des « Gilets jaunes » dans sa diversité tandis qu'il vient d'émerger, de façon inédite, et se poursuit, évolue, semaine après semaine ?

« Les ronds-points sont une invention française, tout comme l'idée de les bloquer vêtus de gilets jaunes. En y installant leurs barrières, les manifestants les ont transformés en places publiques, permettant à des gens qui s'ignoraient jusqu'alors de fraterniser. Ils ont surtout réussi à mettre au centre du débat la question de la justice sociale — ; et celle, fondamentale pour toute l'humanité, du lien entre justice sociale et justice écologique. », explique Joseph Confavreux, qui a recueilli les réflexions de plusieurs chercheurs, historiens, sociologues, philosophes, économistes, dans un petit recueil invitant à penser cette séquence nouvelle.

Comment saisir ce qui dans cet inédit fait événement ? En écoutant les paroles qui s'échangent (et la parole qui « se libère », comme le souligne Ludivine Brantigny) sur les carrefours et dans la rue ; en étudiant (comme le propose Samuel Hayat) les revendications qui s'y précisent ; en regardant ce qui est commun ou non avec de précédentes mobilisations nationales au cours de l'histoire…

Il s'agit donc aussi, comme l'analyse Jean-Claude Monod, de revenir sur les racines profondes de la crise, celle de « l'État néo-libéral ». Ou, comme Étienne Balibar, d'observer et d'analyser ce qui se joue dans le « face-à-face » entre ces citoyens mobilisés et le pouvoir, de chercher à comprendre le sens et les conséquences de l'utilisation de la violence, en particulier la violence policière et judiciaire.

Ce sont ces regards croisés interdisciplinaires, modestes dans ce temps court, qui font l'intérêt de l'ouvrage. Photos légendées, textes de revendications ou publiés sur les réseaux sociaux le complètent.

Quatre parties composent ce kaléidoscope d'analyses : l'histoire, d'abord, puis « les raisons de la colère » avec notamment des éclairages économiques (sur la fiscalité, par exemple…), « cinquante nuances de jaune », et enfin « le spectre des possibles ».

Un ouvrage utile dans cette période inédite.

Le fond de l'air est jaune : comprendre une révolte inéditedes textes de Jean-Claude Monod, Étienne Balibar, Ludivine Bantigny, Louis Chauvel, Isabelle Coutant, Aurélien Delpirou, Olivier Ertzscheid, Michaël Foessel, David Graeber, Samuel Hayat, Thomas Piketty, Pierre Rosanvallon, Alexis Spire, Sophie Wahnich et Michelle Zancarini-Fournel, recueillis par Joseph Confavreux
Le Seuil, janvier 2019, 14,50 euros