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« Le piège américain » : l’extraterritorialité, arme de guerre contre l’industrie européenne

4 mai 2019 | Mise à jour le 9 mai 2019
Par | Photo(s) : DR
« Le piège américain » : l’extraterritorialité, arme de guerre contre l’industrie européenne

Si les États-Unis détiennent l'arsenal militaire le plus puissant du monde, ils possèdent aussi un bras armé économique, le Departement of Justice, d'une efficacité tout aussi redoutable pour le pillage industriel qu'ils imposent au reste du monde. L'histoire vraie de Frédéric Pierucci en témoigne.

La vente de la branche énergie d'Alstom à General Electric est sans doute l'une des opérations industrielles les plus catastrophiques que la France ait eu à subir au cours de ces dernières années. Des technologies de pointe, fruits de recherches et d'investissements de plusieurs décennies, se sont retrouvées du jour au lendemain bradées entre des mains étrangères, mettant notamment le pays en état de dépendance pour des pièces de son parc nucléaire et militaire.

Quel intérêt y avait-il à une telle opération ? Comment a-t-on pu convaincre des capitaines d'industrie de trahir ainsi les intérêts de leur pays ? Comment le simple citoyen, le gouvernement français, les salariés d'Alstom ont-ils ainsi être pu floués par la machine de guerre dont se sont dotés les États-Unis, son gouvernement et ses lobbies pour détrousser des pays dits “amis” ?

La réponse tient en un mot : l'extraterritorialité, cette capacité exorbitante dont se sont dotés les États-Unis pour sanctionner les entreprises qu'ils considèrent être corruptrices dans le reste du monde. C'est ainsi que, depuis 2008, vingt-six sociétés ont payé des pénalités de plus de 100 millions $ au Trésor américain. Parmi elles, quatorze entreprises européennes ont dû régler une note pour un total de 6 milliards de dollars parmi lesquelles cinq françaises qui totalisent 2 milliards de dollars.
Mais y a-t-il une équité, une impartialité de cette justice ? La lecture du Piège américain vous permettra de vous faire une opinion…

Otage d'une guerre économique

Par Frédéric Pierucci avec Matthieu Aron
Ed JC Lattès, 396 pages, 22 €, janvier 2019

Tandis que Patrick Kron, PDG de l'époque s'en est sorti avec un joli pactole, l'un de ses cadres Frédéric Pierucci a lui été l'otage du DOJ (Departement of Justice). Emprisonné dans des conditions abominables pour des délits improbables dont il n'était en rien responsable, victime d'une machination d'État où le rôle des agences d'espionnage américaines et les outils du DOJ ont montré leur perversité extrême au service d'un objectif clair, l'homme se débat au milieu de procédures kafakaïo-staliniennes.

Son rôle, et c'est ce qu'il dénonce, n'est autre que de servir d'épouvantail pour que ceux qui sont placés au dessus de lui prennent les décisions attendues par les autorités américaines… Et ça marche, car aux États-Unis, la justice n'est qu'une affaire de deal.

C'est donc l'histoire de cet homme, Frédéric Pierrucci, otage de la machine de guerre économique que raconte le journaliste Matthieu Aron. Au-delà de cette histoire vraie, de nombreux enseignements sont à tirer de la réalité de cette nouvelle forme de guerre froide que les États-Unis mènent contre le reste du monde. Des informations sont aussi données sur les groupes qui sont dans le viseur. Alstom n'est en effet pas la seule grande entreprise européenne dans le collimateur des Américains. On peut même dire qu'avec ces méthodes, tous les groupes industriels d'importance sont potentiellement les victimes du DOJ. Il y a donc urgence à ce que les Européens prennent des mesures pour s'en protéger.

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