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TRANSPORTS

Mobilisation sur les rails

3 février 2017 | Mise à jour le 3 février 2017
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Baisse drastique des effectifs, gel des salaires, augmentation du temps de travail en particulier pour les cadres… La fédération CGT cheminots organisait hier une journée de mobilisation à l’échelle nationale, une initiative qui ne devrait pas rester sans suite. Entretien avec Laurent Brun, récemment élu secrétaire général de la fédération.
NVO : Quelles revendications ont motivé cet appel à une mobilisation nationale ?

Laurent Brun : Nous contestons principalement les orientations budgétaires de la direction de la SNCF qui prévoit de ne pas remplacer l’ensemble des départs à la retraite et entend supprimer ainsi entre 1200 et 1800 postes. Outre la dégradation des conditions de travail, cette baisse d’effectifs va entraîner la fermeture de nombreux guichets, l’absence de contrôleurs à bord, et la suppression de certains trains.

Nous contestons également le gel des salaires pour la troisième année consécutive, l’instauration d’un forfait jour à un plus grand nombre de cadres qui signe la fin des 35 heures, et la sous-traitance privée de nombreux chantiers qui pose de graves problèmes de sécurité et de qualité de service. En conséquence, nous demandons la régularisation des emplois précaires, la reprise en charge des chantiers sous-traités, le remplacement de tous les départs à la retraite, la réouverture des négociations sur l’aménagement des charges de travail et sur la revalorisation des salaires.

Cette mobilisation s’inscrit-elle dans l’unité syndicale ?

Pas à l’échelle nationale, mais au niveau local et régional il existe des constructions unitaires comme à Marseille ou Paris sud-est.

Avez-vous eu un retour de la direction de la SNCF ?

Non, pour l’instant il n’y a aucune volonté de la direction de discuter de la situation sociale. Nous allons pursuivre la mobilisation.

Quelle suite entendez-vous donner à cette mobilisation au regard des enjeux définis lors du récent congrès de la fédération ?

Nous allons proposer aux les organisations syndicales une rencontre interfédérale en vue de définir une nouvelle action. Car la contestation de la politique de l’entreprise est assez unanime. Il faut désormais donner des perspectives revendicatives aux agents, de manière unitaire. Au-delà de l'emploi, des salaires, il y a aussi le dossier de la protection sociale puisqu’il existe une volonté d’aligner le régime spécial des cheminots sur le régime général. L’autre enjeu majeur est la question de l’ouverture à la concurrence.

Pour certains, qui considèrent pourtant que la concurrence est nocive, il serait difficile d’y échapper dans le contexte actuel. À la CGT, nous considérons qu’il est possible de s’y opposer et de gagner sur ce sujet. Enfin, nous envisageons de nous intégrer à la campagne lancée par la confédération sur la reconquête de l’industrie et la défense des emplois industriels et des services publics.

Sylvie Courval