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TRANSPORTS

Répression syndicale à la RATP ?

11 juin 2018 | Mise à jour le 11 juin 2018
Par | Photo(s) : Clément Martin
Répression syndicale à la RATP ?

Alexis Louvet, militant CGT RATP du Centre-Bus RATP de Pleyel, et élu CGT au CDEP Bus de la RATP, vient de recevoir un courrier en recommandé avec accusé de réception lui apprenant qu'il comparaitrait devant le conseil de discipline de la RATP le 8 Juin 2018.

Convoqué à un conseil de discipline pour « insultes » envers sa direction, un délégué du personnel de la CGT-Ratp Bus est menacé d'une mise a pied d'un mois.

Vendredi 8 juin. Après deux heures de discussions que l'on devine houleuses devant la Commission de discipline de la RATP, Alexis Louvet sort enfin. Verdict : « un mois de mise à pied ferme ! », annonce le « machiniste-receveur », le chauffeur de bus parisien, accusé d'« insultes envers des personnes de l'encadrement », à ceux venus le soutenir. Reste maintenant à la direction un mois pour confirmer, ou pas, la sanction et la rendre effective.

Une sanction « minorée » aux dires d'Alexis – il risquait la révocation –, ce afin d'éviter de faire trop de remous, explique-t-il. Car le cas est en effet très douteux. Repose sur un message à caractère privé posté sur un groupe de discussion initié sur WhatsApp lors de la préparation d'une grève. Message dans lequel Alexis affublait sa direction de différents noms d'oiseaux. L'affaire aurait due en rester là, sauf que le message en question est arrivé à la direction. « Suffisamment grave », semble-t-il pour convoquer un chauffeur par ailleurs modèle en termes professionnels.

Des « insultes », un langage cru, certes, mais qui ne suffisent cependant pas à expliquer une telle convocation. C'est qu'Alexis n'est pas que chauffeur, il est aussi délégué du personnel et, à ce titre, « fait partie de ceux qui sont en première ligne » pour défendre leurs camarades et leur entreprise. Pas forcément une bonne idée alors que la direction de la RATP a de son côté les yeux fixés à l'horizon 2024 et le Grand Paris Express qui doit voir le jour. Prépare surtout l'ouverture à la concurrence des compagnies privées sur le réseau des transports métropolitains, y compris celui des lignes de bus, qui l'accompagnera. Un démantèlement annoncé qui a de quoi inquiéter très sérieusement le personnel de la RATP.

« Ils veulent casser tout ce qui résiste avant 2024 », constate Alexis. D'autres militants ont d'ailleurs subi/subissent le même sort dans d'autres dépôts. Une petite musique que l'on entend décidément beaucoup, trop ?, dans tous les services publics en ce moment…