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SYNDICALISME

Réseaux sociaux Syndicalisme 2.0

14 février 2019 | Mise à jour le 14 février 2019
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Réseaux sociaux Syndicalisme 2.0

Facebook, Twitter, Instagram… Autant d'outils de communication incontournables. Et un défi pour les syndicats, qui y voient l'occasion d'élargir leur audience.

Se mobilise-t-on à coups de clics ? La question, épineuse pour un syndicalisme plus rôdé aux tractages de sorties d'usines qu'aux débats d'idées sur Twitter, s'est posée de façon accrue avec le mouvement des « gilets jaunes » né sur Internet. Le 18 octobre 2018, une vidéo postée sur le réseau Facebook par une automobiliste en colère interpellant Macron sur les prix des carburants met le feu à la Toile. Ce « coup de gueule », dans lequel beaucoup se reconnaissent, atteint cinq millions de vues et agit comme une étincelle.

« Les réseaux sociaux jouent un rôle d'auto-médiatisation grâce à la diffusion des téléphones mobiles et des outils comme Facebook, WhatsApp, Twitter ou Discord, un chat venu des jeux vidéo, décrypte Florence Allard, chercheuse spécialiste des réseaux sociaux. Ils agissent comme une formidable caisse de résonance dans laquelle des colères ou des revendications peuvent se fédérer. »

Sans Facebook et ses 25 millions de profils, le mouvement des « gilets jaunes » n'aurait jamais connu une telle ampleur. Côté syndical, si leur usage rencontre un vrai essor, leur utilisation suscite encore des réserves. « Il y a, chez beaucoup, une peur d'être dépassé, constate Damien Ramage, conseiller en communication à l'Ugict-CGT. Les militants doivent se décomplexer et utiliser les réseaux sociaux comme ils font le tour des bureaux. S'ils savent gérer un congrès d'UL ou d'UD, ils sauront gérer le débat en ligne. Il faut que la rue rencontre le Web, car les deux sont complémentaires. » En Seine-et-Marne, on estime que les réseaux sociaux « montent en puissance » dans les syndicats.

« Le problème, c'est que les militants cliquent pour dire qu'ils aiment, mais ne partagent pas assez », regrette Patrick Masson, secrétaire de l'UD. Pour y remédier, celle-ci a décidé de produire des contenus mettant en avant l'expression de militants, avec des vidéos de deux ou trois minutes à visage humain. Une personnalisation à succès. Pour Quentin Leyrat, secrétaire de l'UL de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), pas de doute, « militer c'est aussi cliquer ! »

En un an et demi, la page Facebook de l'UL a bondi de 25 à 1 215 abonnés. « La com' CGT n'atteignait pas tout le monde, alors que les gens voient passer nos infos sur les réseaux sociaux. Leur utilisation s'ajoute à ce qu'on faisait avant », estime ce militant. Utilisateur convaincu, Pascal Fournet, membre de la direction confédérale, renchérit : « C'est un outil auquel toutes les organisations doivent réfléchir, même si rien ne remplace la poignée de main avec les salariés ».

Élargir l'audience de la CGT, c'est tout l'enjeu de ces nouveaux outils. L'interaction en est un des leviers. Lors des dernières négos du statut cadre, l'Ugict-CGT a fait grincer les dents du Medef en utilisant Twitter pour informer, depuis la salle de négociations, militantes et journalistes. « Avant, on s'adressait aux salariés lors des pauses. Aujourd'hui, on le fait en direct », commente Marie-Josée Kotlicki, secrétaire générale de l'Ugict et apôtre de la CGT 2.0.

Lancé en février 2016, le compte Twitter officiel de la CGT est utilisé par la confédération afin
 de communiquer autour de son actualité institutionnelle auprès de ses 13 300 abonnés. Plus ouverte (revue de presse, interaction avec les internautes…), mais aussi plus suivie, forte de ses quelque 48 000 abonnés, la page Facebook diffuse des informations qui entrent en résonance avec ses préoccupations syndicales.

Article paru dans Ensemble ! de février 2019