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SALAIRE

Vente-privée.com : la grève a payé

25 avril 2018 | Mise à jour le 25 avril 2018
Par | Photo(s) : DR
Vente-privée.com : la grève a payé

Après sept jours de grève sur l'ensemble des sites de la start-up leader du destockage, les salariés ont gagné le bras de fer engagé avec leur direction. Ils obtiennent 2 % d'augmentation générale des salaires et une prime de participation aux bénéfices de 900 euros.

En proposant une prime de participation aux bénéfices de 200 euros, montant trois fois inférieur aux précédentes années, la direction de VP avait commis une première faute : celle d'avoir sous-estimé la conscience de ses salariés d'être parties-prenantes du succès de l'entreprise et premiers contributeurs de ses excellents résultats. Son chiffre d'affaires a triplé en quelques années et atteint plus de 3 milliards d'euros en 2017, pour un bénéfice net proche de 9 millions d'euros.

La participation en bons d'achat ne passe pas

Deuxième erreur, une proposition, au troisième jour du conflit, de compenser la prime réduite à peau de chagrin par des bons d'achat – à dépenser chez… Vente-privee.com – logiquement vécue comme un « foutage de gueule » par les salariés : « Il a dû échapper à notre direction que Carrefour a tenté la même manœuvre méprisante et qu'elle s'est soldée par un durcissement du conflit et de la colère des salariés », ironise une employée de Vente-privée qui participait, hier, au rassemblement de soutien aux grévistes organisé au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) par l'URIF-CGT.

Des salariés déterminés

Enfin, troisième faute de la direction de VP, celle d'avoir sous-estimé la détermination de ses salariés et de leurs syndicats, CGT et CFDT, à obtenir satisfaction de leurs revendications, quitte à rester en grève et, par ricochet, à bloquer l'activité aussi longtemps que nécessaire pour se faire entendre. Avant-gardiste en Net-business, la start-up l'est nettement moins dans le domaine des relations sociales et des rapports Capital/Travail. Rien d'irréversible, à condition que l'expérience de ce bras de fer plié par les salariés en à peine sept jours, incite les dirigeants de VP à davantage de clairvoyance envers celles et ceux qui, par leur travail, participent du rayonnement de l'entreprise.