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Il y a une reprise de l’emploi partout, le problème c’est que les salaires ne répondent pas ”

Angel Gurria - Secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques
6 juillet 2018 | Mise à jour le 6 juillet 2018
Par | Rédactrice en chef de la NVO
C'est lors de la présentation des perspectives de l'emploi OCDE 2018, mercredi 4 juillet, que le secrétaire général de l'OCDE a fait ce constat. Pour l'organisation économique si l'emploi va mieux dans la zone OCDE et a retrouvé son niveau « d'avant crise », ce n'est pas le cas des salaires.

Leur « croissance reste beaucoup plus morose qu'avant la crise financière », relève l'organisme. Et de pronostiquer que : « si les pays ne parviennent pas à rompre avec cette tendance, la confiance du public à l'égard de la reprise économique sera compromise et les inégalités se creuseront sur le marché du travail ».

« Ce qui est plus inquiétant encore, c'est que la stagnation des salaires touche beaucoup plus les travailleurs faiblement rémunérés que ceux qui se situent au sommet de l'échelle des salaires » met en garde l'organisation. « Ces dernières années, les revenus du travail réels des 1 % les mieux rémunérés ont augmenté beaucoup plus rapidement que ceux des travailleurs à temps plein médians, accentuant une tendance déjà bien installée », constate encore le rapport.

« La tendance au redressement de l'emploi sans progression parallèle des salaires met en évidence non seulement les changements structurels à l'œuvre dans nos économies, que la crise financière a accentués et accélérés, mais aussi l'impérieuse nécessité pour les pays de soutenir les travailleurs, et plus particulièrement les moins qualifiés ».

Ce n'est pas la première fois que cette organisation – née après guerre dans l'objectif de mettre en œuvre le plan Marshall en Europe – tire la sonnette d'alarme face à la radicalité des politiques libérales. Déjà dans son rapport de 2015, elle estimait que les inégalités avaient atteint un « seuil critique » en particulier dans les pays émergents.

Même si c'est plus par souci de rentabilité économique — « de fortes inégalités nuisent à la croissance » — que de justice sociale, l'approche de l'OCDE a le mérite de mettre à jour, à sa façon l'opposition capital/travail. Dans un communiqué, la CGT revient, elle, sur l'urgence à d'augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux. « Le patronat, comme le gouvernement, cherche à limiter — voire à empêcher — toute hausse de rémunération, que ce soit par l'augmentation des salaires, des minima sociaux ou des pensions. Ils prônent et mettent en place des dispositifs de gel des augmentations et, lorsqu'une augmentation de la rémunération des salariés à lieu, c'est quasi systématiquement par le biais de primes, donc d'éléments de la rémunération non pérennes et ne participant pas au financement de notre système de protection sociale. »

La CGT revendique :

  • l'ouverture immédiate des négociations salariales dans les branches et les entreprises ;
  • une réelle égalité salariale entre les femmes et les hommes ;
  • pas de salaire en dessous de 13 € bruts de l'heure, un Smic à 1 800 € bruts pour un salarié sans diplôme, sans qualification reconnue et sans expérience ;
  • une durée du travail hebdomadaire de 32 heures ;
  • 10 % d'augmentation générale des salaires pour prendre en compte l'inflation, des gains de productivité et un meilleur partage des richesses créées par le travail ;
  • le doublement sur toute la carrière professionnelle des grilles de rémunérations, garantissant un réel déroulement de carrière ;
  • une véritable reconnaissance des diplômes et de l'expérience professionnelle ;
  • la progression d'un niveau de qualification au minimum sur toute la carrière professionnelle.