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COMMERCE ET SERVICES

Deux blessés graves dans une violente charge contre les grévistes de Park Hyatt

12 octobre 2018 | Mise à jour le 12 octobre 2018
Par | Photo(s) : AFP
Deux blessés graves dans une violente charge contre les grévistes de Park Hyatt

En grève depuis 18 jours, les salariés de STN — prestataire en nettoyage pour le compte de Park Hyatt Vendôme — ont été violemment agressés ce matin, aux aurores, par les nervis de la direction du palace. Deux blessés graves, en perte de connaissance, ont été transférés aux urgences par les pompiers et le SAMU.

[Mise à jour à 13 : 29]

Après les coups violents portés contre deux grévistes, ce jour au petit matin par des vigiles recrutés par la direction du palace, c'est à présent la police qui déploie des forces considérables autour du piquet de grève dans le but de les dissuader de poursuivre leur mouvement. Encore sous le choc du tabassage de leurs deux collègues, Moussa et Sofiane, intervenu aux aurores, les salariés grévistes appellent à la solidarité concrète. Ils organisent un rassemblement de soutien sur leur piquet de grève au 5, rue de la Paix (métro Opera) et espèrent une forte mobilisation tout au long de la journée.

« Alors que le TGI de Paris doit statuer cet après-midi sur les conditions du conflit social, une telle violence patronale suivie d'une telle démonstration de force de la préfecture de police sont absolument inadmissibles ! », affirme la CGT dans son communiqué de presse en dénonçant le refus M. Ceccherelli, patron de Park Hyatt, Vendôme d'ouvrir la négociation réclamée par les salariés en grève depuis le 25 septembre. Dans cette spirale de violence déclenchée par la direction de l'Hyatt, les grévistes gardent la tête froide.

Soutenus par la CGT-HPE, l'union départementale CGT de Paris et l'US-CGT Commerce parisien, ils restent en grève, solidaires et unis pour refuser la répression syndicale et gagner l'ouverture de négociations.

 

À 6 heures du matin, Moussa et Sofiane, deux des quelque 80 grévistes qui campent depuis 18 jours et nuits sous les portes du palace de la Place Vendôme, étaient venus prendre la relève des collègues qui tiennent le piquet de grève la nuit. Comme chaque matin depuis le début du conflit, Sofiane, Moussa et leurs collègues ont tenté, pacifiquement, d'empêcher les remplaçants des grévistes mandatés par leur employeur, STN, de pénétrer dans l'hôtel. Mais ce matin, la situation a dégénéré.

Alors que les grévistes réclamaient les contrats de travail justifiant la présence de leurs remplaçants, les agents de sécurité de l'hôtel se sont sauvagement rués sur eux, matraquant et frappant à l'aveugle dans le tas. Gravement atteints par les coups et en perte de connaissance, Moussa et Sofiane ont été pris en charge par les pompiers et le Samu — intervenus en urgence — qui les ont transférés respectivement à Saint Anne et à Cochin.

NVO, la Nouvelle Vie ouvriere, le magazine des militants de la CGT

Des nouvelles de leur état de santé sont attendues en cours de journée. « Nous ne connaissons pas l'identité de l'entreprise de sécurité recrutée par Hyatt pour mater la grève, nous savons juste, à ce stade, qu'il s'agit d'agents spéciaux formés à l'intervention dans des situations difficiles », affirme Didier del Rey (CGT HPE).  

Contre-effet

À rebours des attentes de la direction d'Hyatt, mandataire de l'assaut mené par les agents de sécurité contre les grévistes, n'aura pas les effets escomptés. « Les grévistes sont encore plus remontés et plus que jamais déterminés à poursuivre la grève, surtout pour faire sauter la clause de mobilité qui leur est imposée par la convention collective et qui pose, on le voit, de graves problèmes », explique Didier del Rey. La clause de mobilité en question, ou plutôt, son abolition, est une des principales revendications portées par les employés de la sous-traitance du nettoyage en général et par les gréviste de Park Hyatt en particulier.

Et pour cause : cette clause permet aux prestataires de service de contourner l'interdiction faite à l'employeur de remplacer des salariés en grève par d'autres. « En vertu de son contrat avec un donneur d'ordre — en l'occurrence, Par Hyatt — STN (le prestataire) fait jouer la clause de mobilité pour débaucher comme bon lui semble certains de ses salariés d'un chantier pour les transférer sur un autre au pied levé ».

« Une manière fallacieuse, de faire un pied de nez à la légalité, en l'occurrence au droit du travail et au droit de grève », précise Didier del Rey. Dans l'attente de nouvelles de leurs collègues, Moussa et Sofiane, les grévistes de STN/Hyatt restent sur le pied de guerre. Avec la CGT-HPE, ils dénoncent « une lâche agression » et assurent que la grève ne cessera pas tant que la direction d'Hyatt refusera de passer à la table des négociations.