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Affaire Benalla-Élysée, deux poids, deux mesures ?

Dominique Martinez
20 juillet 2018 | Mise à jour le 20 juillet 2018
Par | Journaliste
Douche froide après l'euphorie de la coupe du monde de football. Le Monde a identifié un collaborateur d'Emmanuel Macron tabassant un manifestant le 1er mai à Paris. Il avait été suspendu quinze jours en guise de sanction.

Changement d'ambiance après la parenthèse euphorique de la coupe du monde de football. Un collaborateur d'Emmanuel Macron qui passe à tabac un manifestant, le 1er mai, à Paris. La vidéo scoop du Monde, a fait le buzz, hier. Coiffé d'un casque à visière des forces de l'ordre, Alexandre Benalla, chargé de mission et adjoint au chef de cabinet du président de la République, frappe violemment un homme à terre, place de la Contrescarpe. Avec lui : Vincent Crase, ancien réserviste de la gendarmerie, chargé de mission pour l'Élysée et employé à LREM.

Le premier avait été suspendu entre le 4 et le 19 mai, avant de réintégrer l'Élysée, officiellement, pour des fonctions plus administratives. Le deuxième, Vincent Crase, a également été mis à pied pendant deux semaines après les faits, dixit le porte-parole de l'Élysée, Bruno Roger-Petit, jeudi matin, en pleine polémique. C'est tout ? On aurait voulu étouffer l'affaire qu'on ne s'y serait pas pris autrement…

« Des gestes absolument inadaptés », pour Nicolle Belloubet, ministre de la Justice. « Personne n'est protégé dans ce pays, quel que soit son statut », précise Christophe Castaner, délégué général de LRM. Mobilisation générale pour tenter d'éteindre le feu. Sauf Emmanuel Macron… Depuis, Gérard Collomb a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie pour violences par personne chargée d'une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l'autorité publique. Rien que ça. Oui, c'est grave en fait.

Beaucoup plus grave que les faits pour lesquels se font régulièrement épingler des syndicalistes. Une chemise de DRH déchirée ? Des poursuites pénales avec trois employés condamnés à des peines de prison avec sursis. Un jet de confettis et distribution de tracts dans une fédération patronale ? Près de 18 000 € à payer. Un camion poubelle détourné pendant quelques heures par deux éboueurs ? 70 heures de travaux d'intérêt général et 18 mois pour s'exécuter au risque de prendre deux mois de prison fermes… Et sur les violences durant les manifestations contre la loi travail, par exemple ? La CGT, qui avait été pointée du doigt, avait exigé une enquête parlementaire. Elle n'a pas eu lieu. Ce serait le moment de la diligenter. Car comme le rappelle la CGT : « Il est question de libertés fondamentales comme celle de manifester, de revendiquer, de se mobiliser pour faire valoir des exigences citoyennes ».