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DROITS DE L’ENFANT

Journée mondiale des droits de l'enfant, le travail n'est pas un jeu

20 novembre 2018 | Mise à jour le 20 novembre 2018
Par | Photo(s) : Zakir Chowdury/ABC/India
Journée mondiale des droits de l'enfant, le travail n'est pas un jeu

Ils ont entre 5 et 17 ans, récoltent le coton en Ouzbékistan huit à douze heures par jour, extraient le cobalt au Congo… Pour en finir, associations et syndicats se mobilisent.

Le chiffre est effrayant, à peine croyable : 152 millions d'enfants dans le monde étaient astreints au travail en 2016, selon l'Organisation internationale du travail (OIT). Pour près de la moitié, ils étaient âgés entre 5 et 11 ans ! Le phénomène touche l'Afrique (72 millions d'enfants), l'Asie et le Pacifique (62 millions), les Amériques, les États arabes, mais aussi, plus proche de nous, la Géorgie et, au sein même de l'Europe, l'Italie. L'agriculture est le premier employeur, devant les services et l'industrie.

Plus de 70 millions d'enfants effectuent à ce titre des travaux dangereux : transport de charges lourdes ou extraction de matières premières (cobalt, lithium, coton, cacao…) utilisées ensuite dans la fabrication de vêtements, de voitures, de smartphones, de produits de beauté, etc. En Indonésie, en république démocratique du Congo ou en Ouzbékistan, les mécanismes qui concourent à entretenir le travail des enfants sont les mêmes.

L'ECU fédère plus de vingt organisations de consommateurs à travers seize pays.

À commencer par des salaires de misère qui obligent les parents à mobiliser tout ce que la famille compte de bras pour arriver à un revenu décent. Au nom de quoi ? Du jeu de la concurrence libre et non faussée et de la doxa libérale qui veut que la baisse des droits sociaux soit un pendant de la baisse des prix. « Il faut sortir de cette logique, agir au-delà des frontières en engageant des coopérations, en créant des convergences, entre les associations de consommateurs et les syndicats », a plaidé Fabrice Angéi, secrétaire confédéral CGT, lors d'un colloque organisé au mois d'octobre – par Indecosa-CGT et l'Association européenne des consommateurs (ECU) – sur le thème du travail forcé et celui des enfants. Si la lutte contre le travail des mineurs et son éradication s'avère fondamentale, elle suppose aussi de trouver d'autres sources de revenus pour les familles.

« Ça commence par le paiement de salaires décents », remarque Mathieu Arndt, d'Amnesty International. « On peut aussi s'interroger sur d'autres éléments, ajoute Bernard Thibault, ex-secrétaire général de la CGT aujourd'hui membre du Bureau international du travail. Comme le fait, par exemple, que seuls 12 % des travailleurs dans le monde bénéficient d'un système d'indemnisation du chômage. » Au-delà des cadres réglementaires plus ou moins contraignants (lire l'encadré ci-contre), il semble que l'information au public soit une des armes les plus efficaces pour rendre les entreprises, toujours soucieuses de leur image, plus responsables.

« Le défi est de donner la parole au consommateur, suggère Sergio Veroli, président de l'ECU. Mais l'Europe doit aussi être plus forte, plus unie sur le plan politique. Elle a fait le marché et la monnaie uniques, elle se doit de garantir les droits des citoyens et des travailleurs. »

20 novembre : Journée internationale des droits de l'enfantDeux normes de l'OIT les protègent, en théorie, contre l'exploitation : les conventions no 138 – qui fixe un âge minimum pour travailler – et no 182 – relative aux pires formes de travail des enfants (sic). En France, la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordres, votée en 2017, oblige les groupes internationaux à s'assurer que leurs activités se font dans le respect des droits humains fondamentaux. Les premiers rapports sont attendus pour le début de l'année prochaine.

Article paru dans le numéro 112 de novembre 2018 d'Ensemble !, le mensuel des adhérents de la CGT.