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RETRAITES

Les retraités en colère portent une pétition à l'Assemblée nationale

4 octobre 2018 | Mise à jour le 4 octobre 2018
Par et | Photo(s) : Bapoushoo
Les retraités en colère portent une pétition à l'Assemblée nationale

Signature d'une pétition lors du rassemblement des retraités devant l'Assemblée Nationale le 3 octobre dernier, avec au centre Olivier Jouster de l’UCR-CGT.

Mercredi 3 octobre, des délégations unitaires de retraités venues de toute la France s’est rendue à l'Assemblée nationale pour y remettre une pétition contre une politique gouvernementale qui précarisent toujours plus nos aînés.

Inlassablement mobilisés contre la politique du gouvernement qui les considère comme des « nantis », les retraités ont organisé, mercredi 3 octobre, une marche en direction de l'Assemblée nationale. Des délégations venues de toute la France ont répondu à l'appel d'une intersyndicale (UCR-CGT, UCR-FO, Unar-CFTC, Unir CFE-CGC, FSU-Retraités, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA) pour remettre une pétition au président du groupe LREM. Celle-ci a recueilli quelque 250 000 signatures.

Elle exige notamment que le gouvernement annule la hausse de la CSG et revalorise enfin les pensions. « Notre perte de pouvoir d'achat est énorme. Face à la colère des retraités, il faut une loi rectificative », a expliqué à l'AFP Jean-Pierre Floret, de l'UCR-CGT. « On en a assez d'être la variable d'ajustement », estime de son côté Pascal Santoni (UCR-CGT également), partisan d'une « augmentation des pensions correspondant au coût de la vie ». Le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre n'ayant pas daigné recevoir leurs représentants, les retraités ont remis leur pétition aux députés PCF, venus à leur rencontre devant le Palais Bourbon. Mi-septembre, 39 députés LREM avaient demandé au Premier ministre Édouard Philippe d'exonérer davantage de retraités, jugeant la situation actuelle « injuste ». Une demande laissée sans suite.

Propos infantilisants et mesures injustes

Pas très étonnant lorsque l'on voit que les arbitrages budgétaires récents sont la traduction comptable de la pensée jupitérienne. Il y a peu encore Emmanuel Macron estimait que les retraités devaient faire « un effort ». Toute à sa volonté de « récompenser », « le travail », « le mérite » — un vocabulaire de maître d'école —, il perçoit les retraités comme des privilégiés, ayant bénéficié des Trente glorieuses et devant « prendre leur part » à l'effort national qu'il impose au monde du travail. Dans un communiqué l'UCR-CGT lui explique fermement la vie : « Les retraités ne méconnaissent nullement la solidarité intergénérationnelle qu'ils pratiquent tous les jours dans leur entourage. Quand le gouvernement offre des milliards de cadeaux fiscaux aux grands patrons et aux plus riches, c'est aux retraités qu'il demande de compenser la baisse du pouvoir d'achat des salariés ».

Les retraités frappés par l'austérité

À noterPrès de 60 %, des retraités, soit 7,5 millions de personnes, sont concernés par la hausse de la CSG. Les 40 % restants, exonérés de CSG ou soumis à la CSG à taux réduit (3,8 %), ne sont pas touchés.

C'est pour refuser ce mépris et la précarisation que les retraités se mobilisent. Ils enchaînent les manifestations. Le 9 octobre avec les cortèges de salariés et d'étudiants à l'occasion de la journée nationale de mobilisation et de grève interprofessionnelle, puis le 18 octobre pour faire réentendre leur voix au moment où se discute l'examen du Plan de financement de la Sécurité sociale 2019.Un PLFSS qui donne un sérieux tour de vis au pouvoir d'achat des retraités : pensions revalorisées qu'à hauteur de 0,3 %, sur deux ans (en 2019 et 2020), alors que l'inflation est actuellement à 1,3 %. De quoi réaliser près de deux milliards d'économies sur le dos des plus âgés à qui on a aussi fait les poches avec la hausse de 1,7 point de la CSG.

Selon un sondage CSA de septembre 2018, 74 % des plus de 65 ans estiment que leur pouvoir d'achat a baissé depuis l'année dernière. Et ce dans un contexte où plus d'un million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté et 44 % touchent moins de 1 200 euros par mois. Vous avez dit nantis ?