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DROITS DE L’HOMME

Monsieur le Président, ne laissez pas mourir Claude Mangin-Asfari

3 mai 2018 | Mise à jour le 7 mai 2018
Par | Photo(s) : EM / Maxppp
Monsieur le Président, ne laissez pas mourir Claude Mangin-Asfari

Ivry-sur-Seine, mars 2016. Claude Mangin, l'épouse de Naama Asfari, militant sahraoui emprisonné au Maroc.

Hébergée depuis le 18 avril à la mairie d'Ivry-sur-Seine, Claude Mangin-Asfari entame sa troisième semaine de grève de la faim illimitée. Épouse d'un militant sahraoui, elle proteste contre son interdiction de visiter son mari emprisonné au Maroc depuis sept ans et demande à l'État français de faire respecter ses droits humains fondamentaux.

En décidant d'entamer une grève de la faim illimitée, Claude Mangin-Asfari a fait le choix d'un combat non violent, mais ultime. « C'est le seul moyen pacifique de me faire entendre des autorités françaises et d'obtenir qu'elles fassent pression sur les autorités marocaines pour qu'elles lèvent mon interdiction de rendre visite à mon mari ». Militante française de la cause sahraouie et du Sahara libre, cette enseignante d'histoire-géographie de 62 ans est l'épouse du militant franco-marocain Naâma Asfari, figure de la résistance pacifique à l'occupation du Sahara occidental initiée il y a plus de 40 ans par le Maroc.

En 2010, suite à un procès où les seules preuves à charge contre lui se résumaient à des aveux signés sous la contrainte, Naâma Asfari a été condamné à 30 ans de réclusion. Depuis 7 ans, il purge sa peine dans l'une de ces geôles marocaines où la pratique de la torture est toujours d'actualité. Mais voilà que, depuis octobre 2016, sa femme, Claude Mangin-Asfari, est systématiquement refoulée par les autorités marocaines dès son entrée sur le territoire. Une interdiction de séjour qui coïncide avec sa saisie, plusieurs mois en amont, du comité contre la torture de l'ONU (CAT, Committee against torture). En décembre 2016, celui-ci a pour la première fois condamné le Maroc pour faits de torture sur Naâma Asfari.

À l'appui de ce rapport, ce même comité a également demandé aux autorités marocaines de libérer monsieur Asfari et de ne pas faire subir de représailles à sa famille. En vain. Alors qu'il est pourtant établi que des centaines d'autres prisonniers politiques sahraouis sont également interdits de visite, y compris par des militants des droits de l'Homme.

Par amour pour la justice et la liberté

Expulsée du Maroc en avril, pour la 4e fois consécutive en 21 mois, Claude Mangin-Asfari a donc décidé de bousculer les autorités françaises et marocaines pour faire valoir ses droits fondamentaux, au péril de sa santé. « Je suis convaincue que cet engagement de ma part, cet acte pacifique, mais qui met ma santé en danger, sera un argument de poids positif pour le gouvernement français, afin qu'il obtienne de son partenaire marocain ce rétablissement dans mes droits qu'il n'a pas pu obtenir jusqu'à présent. Je pose cet acte grave par amour pour Naâma, par amour pour la justice et par amour pour la liberté du peuple sahraoui en lutte pacifique pour l'indépendance. »

Très impliqué dans la médiatisation de cette affaire, ainsi que dans la construction d'une chaine de solidarité autour de Claude Mangin-Asfari, le maire d'Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou (PCF), a pris diverses initiatives remarquables, comme celle de s'adresser en direct à Monhamel VI en se rendant à son château de Betz. Ou encore, en décidant d'unir sa voix à celle des autorités religieuses du Val-de-Marne pour signer conjointement avec l'évêque de Créteil une lettre d'interpellation adressée au président de la République. À compter du 8 mai, il sera possible de signer cet appel en ligne.

Les organisations au chevet de Claude

De leur côté, les mondes associatif, syndical (CGT, SUD-Solidaires) et culturel sont également à pied d'œuvre pour manifester leur soutien à Claude et faire grandir la solidarité concrète. L'Acat (association des chrétiens contre la torture), mais aussi les Amis de la RASD (République arabe sahraouie démocratique), organisent une marche solidaire à Ivry, le samedi 5 mai de 10 h à 11 h 30, à partir du parvis de la mairie d'Ivry. À venir, le 12 mai, un concert de soutien franco-sahraoui se tiendra au Hangar d'Ivry. Enfin, tout militant sensible à la cause des Sahraouis et au-delà, à celles des droits humains fondamentaux, a la possibilité de rendre visite à Claude Mangin-Asfari, chaque jour de 10 h à 19 h à l'hôtel de ville.

Samedi 5 mai, l'acteur Pierre Richard, âgé de 83 ans, était au chevet de Claude afin de lui exprimer son plein soutien. Très sensible à la cause sahraouie, « ce peuple qui ne veut absolument pas se coucher malgré toutes les horreurs qu'on lui fait subir », l'acteur appuie sans ambigüité le combat de Claude Mangin-Asfari. « On ne peut pas refuser à une femme de voir son mari. Même Al Capone y avait droit ! » affirmait-il au Parisien.

Très affaiblie par son jeûne, Claude Mangin-Asfari réaffirme à la NVO sa détermination à aller au bout de son combat pour la liberté des peuples, la justice et les droits humains fondamentaux.