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L’objectif majeur de la réforme des retraites est la baisse du niveau des pensions

Régis Mezzasalma
1 avril 2019 | Mise à jour le 1 avril 2019
Par et | Conseiller confédéral CGT sur les retraites
La ministre de la Santé Agnès Buzyn a évoqué l'idée de repousser encore l'âge légal de départ en retraite au-delà de 62 ans. Pour la CGT, ces propos ne doivent rien au hasard, il s'agissait de tester une des pistes pour trouver 10 milliards d'euros évoqués dans le rapport Libault qui vient de paraître sur la prise en charge de la dépendance.

Cette déclaration de la ministre trouble les discussions en cours avec Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites. Il essaie depuis d'éteindre l'incendie, arguant qu'il ne peut y avoir deux réformes en même temps : une paramétrique sur l'âge de départ, et une systémique créant un régime universel. Il a fermement rappelé l'engagement de campagne d'Emmanuel Macron qu'il a fait sien, « l'âge légal de la retraite restera à 62 ans. »

Pour la CGT, qui s'oppose à cette réforme, les propos de M. Delevoye ne garantissent rien. Les propos des différents ministres laissent penser que le gouvernement ne s'opposera pas à l'adoption d'amendements parlementaires remettant en cause cet engagement. Le haut-commissaire parle d'inciter les Français à travailler plus longtemps. L'analyse qu'en fait la CGT est plus sévère : ce système sera contraignant et non pas incitatif, la raison est simple, le système à point c'est une loterie !

L'objectif majeur de la réforme est la baisse du niveau des pensions. C'est ce qui est arrivé dans tous les pays qui ont adopté un système à points. La réforme fera disparaître la notion de taux plein qui était un repère collectif déterminant le départ en retraite. Le « choix » de prolonger son activité n'en sera pas un : comme aujourd'hui, le départ se fera au-delà de l'âge légal pour éviter une perte brutale de revenus lors du passage à la retraite.

Outre que l'on ne sait pas ce que seront les valeurs de points, les mécanismes de solidarité et la bascule dans le nouveau système, la réforme cache la réalité d'une réforme paramétrique tous les ans. Pour respecter l'équilibre financier du système sans augmenter les recettes (y compris le taux de cotisation bloqué à 28 %), la « valeur » du point sera modifiée chaque année. En modulant son coût d'acquisition et sa conversion en pension, l'âge de départ effectif pourra être retardé, de façon imperceptible et sans débat public.

Pour la CGT, cette réforme ne doit pas passer ! Elle ne peut pas être déconnectée de l'enjeu de société qu'est le vieillissement de la population, d'ici 2040, 2 millions de personnes seront en perte d'autonomie au lieu de 1,3 million aujourd'hui.

Pour la CGT, les propositions « alléchantes » affichées dans le rapport Libault au travers des 10 propositions clés et 175 idées censées alimenter le contenu d'une loi qui devrait voir le jour dans les mois à venir à budget constant ne répondront pas à la prise en compte de la réalité.

Annoncer une augmentation du taux d'encadrement de 25 % dans les EHPAD, une revalorisation des carrières et des salaires, une accessibilité financière en diminuant le reste à charge pour les familles des résidents en EHPAD, ne nous donne pas confiance dans les réelles mises en œuvre de ces annonces quand, dans le même temps, les mesures d'économies s'accélèrent : suppression de 22 000 emplois dans les hôpitaux, et cession au privé de nombreux EHPAD publics.

Il s'agit pour le gouvernement de trouver des financements par un redéploiement des ressources existantes, où salariés et retraités seront de nouveau mis à contribution.

Pour la CGT, engagée dans la campagne de reconquête de la sécurité sociale avec un plan de financement de 120 milliards d'euros, la prise en charge de la perte d'autonomie ne peut se concevoir qu'en intégrant « le droit à l'autonomie » dans la branche maladie de la sécurité sociale, en insistant sur la dimension de la prévention tout au long de sa vie, au travail comme au passage à la retraite et sa dimension d'un bien vieillir.