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Victoire syndicale des postiers de Limours

13 septembre 2018 | Mise à jour le 13 septembre 2018
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Opposés à la coupure méridienne, les facteurs du centre de distribution de Limours (Essonne) s'étaient mis en grève le 9 juillet. Ce conflit qui a duré 43 jours se solde par une victoire syndicale et la mise en échec du plan de réorganisation de la direction de La Poste.

« C'est une victoire syndicale remarquable » se félicite Yves Pradillo, secrétaire général de la FAPT-CGT de l'Essonne qui évoque le long conflit estival entre les postiers de Limours et la direction de La Poste. Remarquable à plus d'un titre, car ce centre de distribution considéré comme exemplaire n'avait jamais enregistré le moindre jour de grève depuis 20 ans. Pas même lors de la mise en place de plan de réorganisation des activités postales qui a abouti à la suppression de deux emplois sur le bureau de Limours. Sur un effectif de 16 postiers, ce n'est pas rien.

Très investis dans le dialogue social avec leur direction, les agents et leurs syndicats CGT et SUD avaient d'ailleurs accepté maints sacrifices induits par la réorganisation, y compris ces deux suppressions de poste. Mais la direction, elle, en voulait plus. À l'origine du conflit de cet été, le projet d'instauration d'une coupure méridienne de 45 minutes qui aurait eu pour effet d'allonger la durée du travail sans que ce surplus ne soit rémunéré. « Jusqu'ici, les agents bénéficiaient d'une pause de 20 minutes qui est comprise dans le temps de travail, donc rémunérée, alors que la coupure ne l'est pas. En outre, la coupure oblige l'agent qui a commencé sa tournée à 7 h du matin et la termine à 13 h à revenir au travail l'après-midi jusqu'à 15 h« , détaille Yves Pradillo. Pour des salariés qui résident à au moins une heure de distance de leur lieu de travail, cet allongement de l'amplitude horaire aurait eu d'évidentes incidences sur l'organisation de leur vie privée, que la direction de la Poste s'obstine a ignorer.

Intenable

« Ils ont voulu tester à Limours ce qu'ils envisagent de généraliser à tous les secteurs « , analyse Yves Pradillo. Malgré ce crash-test négatif, la direction s'est obstinée à imposer sa coupure méridienne. Face au refus de 96 % des agents grévistes, elle a fait appel à des volontaires pour effectuer la tournée supplémentaire. Sans surprise, les quatre volontaires dénichés à Limours sont les quatre non-grévistes. Une situation intenable à terme pour Yves Pradillo : « Nous venons de recevoir les rapports du ministère du Travail et celui de la médecine du Travail sur la fusion des réseaux postaux du Val-de-Marne et de l'Essonne, qui alertent sans ambigüité sur les dangers de cette réorganisation et son lot de risques santé pour les agents et tous les indicateurs montrent que nous nous trouvons dans une situation comparable à celle des salariés d'Orange lors de la réorganisation de France Télécom« .

Risque Orange

Maintes fois annoncé et dénoncé, mais jamais entendu par la direction de La Poste, ce risque « Orange » a pourtant déjà été validé par de nombreux suicides ou tentatives de suicide de postiers confrontés aux premiers impacts du plan de réorganisation national des activités postales. À l'heure où s'ouvre le premier procès mettant en cause la responsabilité pénale d'un dirigeant — en l'occurrence Didier Lombard ainsi que six autres dirigeants d'Orange — pour harcèlement moral ayant entraîné une épidémie de suicides dans le cadre d'une réorganisation du travail, la direction de La Poste serait bien avisée d'écouter ses syndicats qui, depuis le déploiement du plan de réorganisation, lui réclament audience. En vain.

Avis recommandé

À tous ces titres, la victoire des postiers de Limours, bureau exemplaire, est tout sauf négligeable. Soutenus par leurs collègues de Gif-sur-Yvette et de Dourdan, par la CGT et SUD de l'Essonne durant ces 43 jours de grève et confortés par la solidarité financière qui a permis de tenir jusqu'au bout de leur lutte, les grévistes de Limours ont ouvert la voie à d'autres conflits potentiels dans tous les secteurs où la coupure méridienne va tenter de s'imposer : « Ne nous leurrons pas, La Poste cherche à détruire le métier de facteur, en transformant ses salariés en vendeurs et VRP pour occulter les missions de service public qui lui sont confiées », indique le communiqué CGT-SUD 91 du 9 juillet, premier jour d'entrée en grève des facteurs de Limours. Avis recommandé à la direction de La Poste qui en accusera réception.